Surfréquentation de la montagne : il faut se réinventer

Randonneur face aux Alpes françaises (Chamonix)
Clémence Bergougnoux – Unsplash

Entre des étés marqués par le retour au tourisme de nature, un rapport du GIEC dramatique mais prévisible et un hiver aux pics enneigés, les montagnes en ont vu de toutes les couleurs. La recrudescence de visiteurs et les effets négatifs de cette surfréquentation obligent les parcs naturels français à revoir leur stratégie afin de s’adapter à cette nouvelle tendance.

Faute à la crise sanitaire, mais pas que

L’ère covid a engendré un retour à la nature à vitesse exponentielle. En effet, les Français se sont tournés massivement vers les espaces naturels afin d’y trouver espace et nature. La popularité de la montagne grandit, notamment sur les ailes de saisons, et de plus en plus de visiteurs se retrouvent en altitude et remplissent les parkings…

Outre la situation sanitaire, les tendances touristiques ont toujours pointées vers une augmentation de la fréquentation des espaces de nature. Les adeptes du tourisme durable et d’autres formes de tourisme respectueuses de l’environnement ont délaissé depuis longtemps les lieux de tourisme de masse pour se tourner vers des lieux de nature, de ressourcement et d’apaisement. De plus, les prévisions du GIEC en termes de hausse des températures présagent une surfréquentation en montagne dans le futur.

Face aux incivilités il faut se réinventer

Le retour à la montagne s’est donc fortement renforcé ces deux dernières années. Et avec la montée de visiteurs, s’en suit les inconvénients intrinsèques au tourisme de masse auxquels il faut faire face. Gestion des déchets, piétinements, feux, dégradations en tous genres…

De plus, selon une étude de G2A Consulting, les visiteurs sont conscients de leur impact sur l’environnement en montagne et de la nécessité de changer les choses, cependant ils jugent que c’est « avant tout aux pouvoirs publics d’agir et de préserver l’environnement ». Ainsi, les acteurs du territoire doivent s’adapter, se réinventer pour conjuguer venue de visiteurs et protection des espaces. Alors actions de sensibilisation, communication, mise en place de navettes, construction de toilettes sèches… Tout est bon pour s’adapter à la hausse des incivilités, réguler la présence de voitures et garder nos zones naturelles bien protégées.

La voie du changement pour la montagne

Malgré les inconvénients évidents de la hausse de visiteurs, le regain de popularité de la montagne représente une aubaine pour les stations et les parcs naturels. En effet, de nombreux territoires cherchent à développer leur tourisme 4 saisons, notamment compte-tenu de la baisse du niveau de neige. D’autre part, le lancement du plan Avenir Montagne permet d’accompagner les territoires de montagne dans l’évolution de leur stratégie en s’adaptant « aux enjeux de transition écologique et à la diversification touristique ». L’objectif étant de diversifier l’offre montagne vers un tourisme plus responsable, de 4 saisons et atteindre de nouvelles clientèles.

Alors entre fléau et opportunité, le maître mot est : s’adapter ! Que l’on s’adapte à une surfréquentation inattendue ou à un repositionnement, les gestionnaires des parcs naturels doivent se réinventer pour prendre ce nouveau virage.

Et même si la montagne ça vous gagne, faisons en sorte que le boom du tourisme vert et de nature ne soit pas synonyme de menace pour les espaces naturels !

Sources

Avenir Montagnes : accompagner les territoires de montagne. (2021, 25 mai). Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales.

Environnement et tourisme : Nos clients sont ils schizophrènes? (2020, 21 octobre). G2A – Consulting.

Les zones naturelles protégées doivent faire face au tourisme de masse. (2021, 8 juillet). ID, l’Info Durable.

Rivaud, M. (2021, 5 octobre). Surfréquentation en montagne : nouveau phénomène de l’ère COVID. Alpine Mag.

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